Chez les Tsaatans de Mongolie

Des familles de nomades Tsaatans qui élèvent des rennes vivent encore de nos jours en Mongolie. Lorsque nous avons su qu’il était possible de rendre visite à l’une d’elles, nous n’avons pas hésité une seconde! Direction, les Tsaatans.

Nous sommes donc partis à dos de cheval pour une « balade » de quelques heures pour rejoindre nos hôtes. Une balade, il faut le dire vite puisque 5 heures de déplacement équestre pour un néophyte, ce n’est pas de tout repos pour le postérieur. Heureusement, un élan de cleptomanie lors de mon dernier transport aérien m’a mis en possession d’un oreiller qui me fait un excellent coussin dans mes pantalons (je ne remercierai jamais assez Korean airlines pour ce baume). Cinq heures de marche, de trot et de galop pour traverser la plaine, la forêt, les montagnes et les rivières. Le cheval est fatigué, il veut prendre une pause, mais un bon « TCHOU » bien ferme prononcé avec l’accent mongol le fait repartir! Par le fait même, le mal de fesses reprend aussi, mais la beauté du paysage et le fait qu’on va à la rencontre d’une famille qui élève des rennes me fait vite oublier le calvaire.

On arrive finalement au campement et de loin on peut déjà décerner deux orts (genre de tente en tipi). Mais que vois-je gambader autour du campement? Des rennes! Des jeunes, des vieux, des albinos et des mâles avec un fier panache bien velu. On en compte une centaine environ. Non, nous ne sommes pas au royaume du père Noël, nous sommes bien arrivés chez les Tsaatans!

C’est au nord de la Mongolie, à la frontière avec la Russie et à l’ouest du lac Khövsgöl que vivent les Tsaatans, le « peuple des rennes ». Originaire de Sibérie, ce sont des nomades dont la survie dépend de leurs bêtes. Plusieurs fois par année, ils se déplacent avec leur troupeau afin de trouver la nourriture dont les cervidés ont besoin. Selon Jimmy Nelson, photographe spécialisé dans les « tribus », il ne resterait encore que 44 familles de Tsaatans à ce jour. Alors la possibilité d’en visiter une avant qu’elles disparaissent, ça ne se refuse pas!

Comme le veut la tradition d’hospitalité mongole, nous sommes d’abord invités pour le thé. Petit extra cette fois-ci, du lait de rennes! Après avoir goûté le lait de yack et de chameau plus tôt dans le voyage, il fallait bien que l’on complète notre collection de boissons lactées avec celle d’un cervidé. C’est gras, c’est doux, ça fait du bien! On a aussi l’occasion de prendre une bouchée de fromage de rennes. Et bien que les Tsatsaans n’aient pas l’habitude de manger sa viande, il arrive à l’occasion qu’il le cuisine. Alors, on goûte bien sûr. Et qu’est-ce que ça goûte du Rudolph? Comme la viande de gibier avec un petit goût ferreux.

Nous passons l’après-midi à explorer les environs, à discuter avec nos hôtes et à connaître nos nouveaux amis les rennes. Je me lie rapidement d’amitié avec un bébé renne qui affectionne particulièrement la salinité de mes mains. Nous jouons ensemble et j’en profite pour lui faire découvrir les joies des selfies (nous sommes en 2015 après tout). On apprend que les familles se déplacent à tous les mois puisque c’est le temps nécessaire aux rennes pour manger toute la nourriture de la région. À la fin de la journée, nous aidons à rassembler leurs bêtes dans l’enclos pour la nuit. Les loups rôdent dans les parages semble-t-il…

Tsaatans Mongolie rennes

Pour la nuit, nous dormons nous aussi dans une orts montée gracieusement par la famille qui nous accueille. Des billots de bois sont placés en tipi, une couverte de feutre enrobe le tout et un poêle à bois est installé au centre (les nuits sont encore fraîches à la fin mai). Oubliez la peau d’ours, ce soir on dort sur la peau de renne! La nuit n’aura certainement pas été la plus confortable, mais elle fût sans aucun doute l’une des plus dépaysantes. Nous voulions de l’authenticité, nous voilà servis! Inutile de vous dire que pour m’endormir cette nuit-là je n’ai pas compté les moutons.

Le lendemain matin, je suis fébrile au réveil. C’est le moment de monter à dos de renne! Je regarde aller le petit bonhomme d’environ cinq ans qui se balade sur sa bête. Pffffff, facile…! J’enfourche donc le renne à mon tour. Je me rends vite compte que c’est beaucoup plus petit qu’un cheval. En fait, mes pieds touchent presque par terre. Une petite photo pour garder ce moment magique en souvenir et la bête se met à avancer. La conduite est plutôt instable et je sens les pattes de ma monture trembler. Ça ne prendra que quelques pas de plus pour que le pauvre renne s’effondre sous mon poids. Il semblerait que la capacité maximale de cet animal soit de 90 Kg… Je pense qu’on peut oublier l’option de devenir cowboy chez les Tsaatans!

Il est maintenant temps de quitter les Tsaatans. Nous les remercions sincèrement pour leur chaleureux accueil et nous embarquons sur nos chevaux pour entamer le retour. Zut, encore 5 heures de martyr pour les fesses…

Trucs et conseils pour visiter les Tsaatans de Mongolie:

  • Apportez des petits cadeaux utiles pour vos hôtes (brosse à dents, dentifrice, savon, shampoing, etc.). Ils seront très appréciés.
  • Planifiez votre tour avec une agence de Oulan-Bator. Il est très difficile d’organiser une excursion en dehors de la capitale. À ce sujet, je vous recommande Khongor-expedition ou Golden Gobi pour qui je n’ai que du positif à dire.
  • Assurez-vous d’avoir un guide qui parle bien l’anglais et le mongol. Cela vous permettra d’échanger avec les Tsaatans et d’avoir une expérience d’autant plus enrichissante. De toute façon, sans guide, vous ne trouverez probablement jamais l’endroit où ils sont.
  • Vous aurez besoin d’un permis pour visiter la région où résident les Tsaatans. Vous pouvez vous le procurer à Moron. Votre guide vous aidera dans les démarches pour l’obtenir.

 

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Un séjour parmi les Tsaatans de Mongolie

Écrivez un commentaire!

Super votre reportage et votre voyage en Mongolie. Ca donne envie d’y aller. C’est encore un endroit préservé du tourisme de masse , heureusement.

Belles photos et bonne continuation

Ouah quelle belle aventure. C’est vraiment ce type d’aventure que je trouve fantastique, ça a du être pour toi un très beau moment de partage 🙂 Je retiens ça si un jour je vais en Mongolie 🙂

C’est vraiment une aventure peu commune ! C’est déjà magnifique à voir en photos, alors j’imagine en vrai… Moi je rêve d’aller voir les dresseurs d’aigles en Mongolie !

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